L’Œil de l’ASAF
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L’ŒIL DE l’ASAF AOUT 2026 :
QUAND UNE FRANCE SE REVEILLE
Cet été, la France brûle. Des incendies d’une ampleur exceptionnelle ravagent des milliers d’hectares, menacent des villages, mobilisent jour et nuit des milliers de femmes et d’hommes. Mais au milieu des flammes, quelque chose d’autre est apparu. Quelque chose qui mérite d’être regardé avec attention : un formidable élan d’engagement.
Il y a d’abord les pompiers. Professionnels, militaires de la Sécurité civile, marins-pompiers, sapeurs-pompiers de Paris mais aussi volontaires très nombreux dans nos départements et disponibles tout au long de l’année : sous des équipements très lourds, écrasés de chaleur, souvent au bord de l’épuisement, ils combattent sans relâche. Le mot n’est pas trop fort : ce qu’ils vivent ressemble à une situation de combat. Six d’entre eux y ont perdu la vie et des centaines ont été blessés ou intoxiqués. Ayons d’abord une pensée pour eux, pour leurs familles et pour leurs camarades.
Mais autour d’eux, une France s’est mise en mouvement.
Des agriculteurs sont arrivés, parfois de départements voisins, avec leurs tracteurs et leurs citernes. Des bénévoles ont rejoint les équipes de secours. Des vacanciers ont abandonné serviettes et parasols pour donner un coup de main. Preuve qu’en France, la solidarité ne prend pas toujours ses congés en août. Des jeunes ont même développé une application permettant d’accélérer la détection et l’alerte des départs de feu.
Et puis il y a nos armées. Avec le dispositif Héphaïstos, elles apportent hommes, engins du génie, hélicoptères, drones, moyens de surveillance, soutien logistique et sanitaire. Jusqu’à expérimenter l’emploi de l’A400M pour le largage de retardant : face à l’urgence, on innove aussi. Une fois encore, lorsque la Nation est en difficulté, ses armées répondent présentes.
Que s’est-il passé ?
Un déclic.
Face au danger, beaucoup de Français ont cessé d’être spectateurs pour devenir acteurs. Ils n’ont pas attendu qu’on leur explique, de Paris ou d’ailleurs, ce que les autres devaient faire. Ils ont retroussé leurs manches et posé une question toute simple : « Qu’est-ce que je peux faire ? »
Voilà peut-être la vraie leçon de cet été.
On décrit volontiers notre pays comme fracturé, individualiste, résigné, parfois même indifférent au bien commun. Et pourtant, lorsque l’essentiel est menacé, ressurgissent le courage, la solidarité, le sens du devoir et l’engagement.
Ces mots nous sont chers à l’ASAF. Ils sont au cœur de cet esprit de défense que nous voulons promouvoir dans toute la société, particulièrement auprès des jeunes. Car défendre son pays ne commence pas nécessairement les armes à la main. Cela commence par la conviction que chacun porte une part de responsabilité dans le destin collectif.
Il aura fallu que la forêt brûle pour nous rappeler que la flamme de l’engagement, elle, ne s’est pas éteinte.
Et surtout que, lorsque les circonstances l’exigent, des Français savent encore faire Nation.
C’est une belle raison d’espérer.
VAE (2s) Xavier Païtard
