OURAGAN IRMA : Le BPC Tonnerre appareille pour les Antilles avec des moyens imposants.

Posté le mardi 12 septembre 2017
OURAGAN IRMA : Le BPC Tonnerre appareille pour les Antilles avec des moyens imposants.

Près de 300 hommes en plus de son équipage de 290 marins, 1 000 tonnes de matériel, 116 véhicules et engins... Le bâtiment de projection et de commandement Tonnerre part aujourd’hui de Toulon au secours des îles de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, où il devrait arriver d’ici une dizaine de jours. Il s’agit de la première mission de type humanitaire confiée à ce bâtiment, en service depuis 2007 dans la Marine nationale. En un temps très court et alors que ce BPC sort à peine d'arrêt technique, a été chargé à son bord de nombreux moyens mis à disposition par les différentes armées.

Du côté de l’armée de Terre, un état-major tactique conjoint entre le 19ème régiment de génie de Besançon et le 17ème régiment de génie parachutiste de Montauban a été mis en place pour la coordination de cette opération.
L’armée de Terre a également mobilisé des militaires du 519ème groupe de transit maritime (519e GTM) d’Ollioules chargés de l’appui à la projection maritime, notamment des équipes de préparation et de manutention de fret et chargés de la circulation routière. Le 519ème projette également un Sea Port of Debarkation (SPOD) capable d’organiser et de conduire les opérations de déchargement en situation dégradée.

Le génie va fournir plus de 90 véhicules de transport, de levage, de construction et leurs personnels. On y trouve notamment le groupe d'appui EGRAP (Engin du Génie Rapide de Protection – Chargeuse pelleteuse) en mesure d’effectuer des dégagements d'obstacles et des travaux de protection, un groupe production d’énergie pour des rétablissements sommaires de réseaux électriques, un groupe d’aide au déploiement chargé de réaliser des travaux sommaires d'infrastructure (maçonnerie, menuiserie, plomberie, électricité)...

L’Armée de Terre envoie également une section d’appui au déploiement lourd (SADL) équipée de moyens lourds de terrassement tels que des pelles hydrauliques, bulldozers et camions bennes pour le rétablissement des routes ainsi qu’une section d’appui au déploiement opérationnel (SADO) dotée de matériels pour la construction d’infrastructures.

Pour la projection de ces moyens, le Tonnerre embarque une capacité de transbordement constituée de deux chalands de transport de matériel (CTM) et un engin de débarquement amphibie rapide (EDAR), capables au cas où le BPC ne pourrait utiliser les infrastructures portuaires, ou en complément, de projeter hommes et matériel directement depuis la mer vers une place ou un quai. 

Le bâtiment de la marine emporte aussi des hélicoptères, avec un Puma et deux Caïman de l’armée de Terre (1er et 3eme RHC) ainsi qu'un Puma de l’Armée de l’Air.
Le service des essences des armées va mettre en œuvre deux camions de ravitaillement en carburant terrestre d’une capacité de 10 m3 et un camion d’avitaillement en carburant aéronautique, ainsi que tous les plots de chargement et déchargement mis en place. Un détachement de plongeurs de combat de la marine et de l’armée de Terre pourra, quant à lui, effectuer des recherches et travaux sous-marins.
Le BPC va aussi mettre à profit son hôpital embarqué, alors que le Service du Commissariat des Armées déploie du matériel de campagne permettant d’héberger 300 personnes, avec lits et tentes.

Pour le maintien de l’ordre, 26 véhicules ont été embarqués (21 pour la gendarmerie, 5 pour la police). Par ailleurs, Veolia fournit un véhicule de désalinisation alors que huit modules d’hébergement Cougneaud ont également été mis à bord.

Second des trois BPC français du type Mistral, mis en service entre 2006 et 2012, le Tonnerre, qui est l’un des plus gros bâtiments de la Marine nationale (199 mètres de long pour près de 22 000 tonnes de déplacement en charge), va offrir des capacités extrêmement précieuses. En plus des quantités significatives de fret qu’il peut transporter, ce navire est en effet spécialement conçu pour la projection de forces, y compris dans des zones où les infrastructures portuaires sont inaccessibles.
A cet effet, cette plateforme dédiée aux opérations amphibies et aéromobiles, peut décharger sa cargaison, les personnels et les véhicules qu’il transporte à quai ou grâce à ses engins de débarquement, chalands traditionnels ou catamarans rapides, qui les acheminent directement sur des plages. Dans le même temps, ses hélicoptères peuvent assurer des norias pour déployer des hommes, transporter du matériel, des vivres ou du soutien médical, tout en étant en mesure d’assurer des évacuations médicales.
Le BPC dispose à ce titre d’un hôpital embarqué, capable d’effectuer de la chirurgie lourde. La configuration de base des installations médicales comprennent, sur 750 m², deux blocs opératoires, des salles de soins intensifs et 69 lits d’hospitalisation. Une capacité qui peut être doublée en récupérant une partie du hangar des hélicoptères, capable d’abriter une vingtaine d’appareils (les garages peuvent quant à eux recevoir jusqu’à une centaine de véhicules). Le BPC est par ailleurs doté d’importantes infrastructures de commandement et de puissants moyens de communication, lui permettant de piloter une opération de grande envergure.
Du fait de leurs très importants espaces, ces bâtiments peuvent enfin servir aux évacuations de ressortissants, avec la possibilité d'accueillir 4 000 personnes pour une courte durée. 

Francis JACQUOT
(Source : Mer et Marine)
www.asafrance.fr

Source : www.asafrance.fr

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