LIBRE OPINION du Colonel (er) P. Geoffroy : Silence dans les rangs.

Posté le dimanche 16 juillet 2017
LIBRE OPINION du Colonel (er) P. Geoffroy : Silence dans les rangs.

Silence dans les rangs....... Alignement ....... Je ne veux voir qu’une seule tête : la mienne. Ce jeudi 13 juillet, sans le nommer, le président de la République a vertement « recadré » le général d’armée de Villiers, chef d’état-major des Armées (CEMA) qui avait observé en commission que les promesses de la campagne électorale sur l’augmentation des crédits militaires n’étaient pas tenues. Quoi de plus naturel ? Souvent ce sont les médias qui sont à fustiger quand ils construisent des scandales pour exister ! Ici, le scandale vient du fait que le CEMA a été tancé devant la France entière et à tort. En conscience et en responsabilité, il n’a fait que justifier les moyens nécessaires pour remplir les missions qui lui sont assignée. Au final, il y va de la vie des exécutants.

 

Là encore les réflexes du Président datent d’un autre âge. Lyautey, un homme de notre temps, disait : « Quand les talons claquent, les esprits se referment ». Une référence à ce Maréchal de France, qui ne confondait pas autorité et autoritarisme, s’impose :

 

Un chef, celui qui commence par servir et par obéir pour apprendre à commander, et le fait de servir et d'obéir au mieux est déjà un acte de chef, puisque c'est donner l'exemple. Mais aussi, celui qui en servant et en obéissant n'abdique ni l'indépendance de son jugement ni le libre jeu de son initiative, qui observe et se prépare”, celui qui, plus tard, en  donnant toujours l'exemple de la déférente discipline, saura ne pas se borner à obéir passivement et osera, quand sa conscience et la situation lui en font un devoir, soumettre librement son avis, avis qu'accueillent toujours, provoquent même les chefs dignes de ce nom

 

Il va de soi qu’un tel chef connaît les codes écrits ou non qui font « la grandeur et les servitudes » de la vie militaire. Jamais un chef ne met en cause un de ses subordonnés devant les subordonnés de celui-ci. J’ajoute me souvenir du Général Bigeard qui, avec ses mots, disait qu’un militaire était propriétaire de son grade acquis par son travail et son courage (il y a malheureusement des exceptions) et que le mandat d’un élu n’était que provisoire et ne pouvait être renouvelé qu’en flattant, sinon en trompant, ses électeurs pour être réélu.

 

Après tout, les esprits avisés avaient tout de suite compris que la suppression du ministère de la Défense n’était pas un fait anodin. La Défense est partie à l’Elysée. Le ministère des armées n’est plus que le gestionnaire des Hommes et du matériel des armées.

 

Avant de parler de service national universel, il serait temps de donner à lire au Président « Le rôle social de l’officier dans le service universel », écrit par le capitaine Lyautey en 1891. Il y énonce les règles de base d’un management à visage humain bien différent de celui qui se met en place selon les codes des potentats.

 

Colonel (er) P. GEOFFROY

Président de l’Association Nationale Maréchal Lyautey

Source : Colonel (er) P. GEOFFROY, Président de l’Association Nationale Maréchal Lyautey

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