GÉOPOLITIQUE : Le Monopoly russo-iranien.

Posté le samedi 04 mars 2017
GÉOPOLITIQUE : Le Monopoly russo-iranien.

Force est de constater que la realpolitik est au cœur de la relation entre les deux pays et que leurs intérêts convergent sur plus de quatre zones clés.


En Syrie
, si Moscou cherche à maintenir sa présence militaire en Méditerranée, Téhéran a besoin d’une base avancée pour mener ses opérations contre Israël, mais en passant par un proxy, le Hezbollah, afin d’éviter toute confrontation directe. Opportuniste, Moscou a entériné sur place son alliance avec les chiites en créant un état-major de renseignement commun pour asseoir son influence.

Une ambition que l’on retrouve en Turquie, où les deux partenaires ont des intérêts économiques communs pour le transit des flux énergétiques vers l’Europe. L’alliance des Américains avec l’YPG kurde, assimilé par Ankara au PKK, la volonté d’Erdogan d’intégrer l’organisation de Shangaï et l’achat prévu pour le mois prochain des systèmes S-400 pourraient contribuer à pousser la Turquie à sortir de l’Otan.

L’Egypte est également l’objet de convoitises. Il s’agit d’un partenaire traditionnel pour Moscou. Sissi, encouragé par Poutine à prendre le leadership des sunnites pour contrer Riyad, a d’ailleurs soutenu l’initiative diplomatique russe dans le conflit syrien. Quant à l’Iran, une implantation lui permettrait non seulement de revenir en Afrique après avoir perdu ses positions en Erythrée et au Soudan, mais aussi de parachever son contrôle des détroits qui contrôlent le transit des flux énergétiques par voie de mer.

Dans le Caucase, en raison du poids énergétique de l’Azerbaïdjan et de ses liens avec Tel-Aviv et Washington, Téhéran et Moscou soutiennent militairement l’Arménie, seule zone sûre pour l’exportation par voie terrestre des réserves hydrocarbures et de matières premières iraniennes. Une telle stratégie contribue non seulement à accroître le rayonnement des deux partenaires qui renouent ainsi avec leur passé impérial, mais aussi à réduire sans leur approbation l’accès aux ressources du Moyen-Orient, pour peser notamment sur le prix du brut, garant de leur développement économique.

 

La rédaction de TTU Online
Adressé par Jean-François Mazaleyrat

 

Source : TTU Online

Commentaires (1)

  • Michel Makinsky

    06 mars 2017 à 08:00 |
    Attention à ne pas sous-estimer l'axe Iran-Azerbaïdjan qui a pris le pas sur l'axe Téhéran/Erivan.L'Iran soutient officiellement Bakou (un tournant) dans le Haut-Karabakh,a nommé un poids lourd (Vaezi) en charge du bilatéral.Raison:Téhéran a besoin d'un accord sur le partage de la Caspienne,pour en exploiter le gaz,d'une coopération énergétique ,et de peser sur la proximité Azerbaïdjan/Israël afin de la limiter;face à cela la pauvre Arménie pèse peu mais elle recevra quelques consolations.

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