BUDGET DE LA DÉFENSE : Les Armées ne doivent pas être une variable d’ajustement.

Posté le lundi 17 juillet 2017
BUDGET DE LA DÉFENSE :  Les Armées ne doivent pas être une variable d’ajustement.

« Il n’y a pire indiscipline que de donner un ordre inexécutable ».

Emmanuel Macron, président de la République et chef des Armées, a bien vite oublié ses promesses en annonçant la semaine dernière une nouvelle coupe de 850 millions d’euros dans le budget des Armées.

Des propos inacceptables pour le chef d’état-major des armées (CEMA), Pierre de Villiers. « Le grand écart entre les objectifs assignés à nos forces et les moyens alloués n’est plus tenable, a assuré le général de Villiers lors d’une audition à huis clos en commission de la défense à l’Assemblée nationale. On a déjà tout donné […] Je ne pourrai plus regarder mes gars dans les yeux si on réduit encore nos moyens. »
Sa colère, légitime, n’a rien d’étonnant dans la mesure où il avait fait de l’obtention de moyens suffisants pour les armées la condition de sa prolongation d’un an comme CEMA. Concrètement, les Armées devront supporter à elles-seules 20 % de l’effort total (4,5 milliards) demandé aux ministères pour contenir le déficit de l’État en 2017.

Une franchise qui n’a pas plu à Emmanuel Macron : « Je considère qu’il n’est pas digne d’étaler certains débats sur la place publique. J’ai pris des engagements. Je suis votre chef. Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir. Et je n’ai à cet égard besoin de nulle pression et de nul commentaire. »

« Quand le chef d’Etat-major des armées demande qu’on ne lui vole pas 850 millions d’euros, il ne se préoccupe pas des armées mais de la défense de la France. Il est le technicien qui, contrairement à d’autres, connait l’armée au cœur. Il sait que ces 850 millions d’euros retirés vont avoir des conséquences immédiates sur la préparation des armées, l’arrivée de nouveaux équipements… », a rappelé le général Vincent Desportes sur Europe 1.

Pour mémoire, de 1980 à nos jours, la part du PIB consacrée à la Défense a été divisée par 2, passant de 3 à 1,5% (hors pensions, civiles et militaires, du ministère). Ce sont donc des centaines de milliards d’euros qui ont été prélevés sur les budgets de la Défense pendant près de quatre décennies, désarmant la France tandis que la dette ne cessait de croître.
A partir de 1991, la France tire les « dividendes de la paix » et a oublié de préparer l’avenir.
Avec la professionnalisation des armées en 1996 et après une réduction drastique des effectifs, la part du PIB consacrée à la Défense est fixée à 2%. Hélas, ce niveau ne sera pas maintenu.

Aujourd’hui, avec 1,5% de son PIB (hors pensions), le budget militaire de la France est dépassé par celui de l’Allemagne qui ne possède pourtant pas d’armement nucléaire et n’est pas engagée aussi intensément que la France dans les opérations extérieures. Aucun autre ministère n’a supporté autant de coupes tout en étant aussi sollicité pour de nombreuses opérations. Cela n’est pas sans conséquences : l’armée française est exsangue.

Source : Valeurs actuelles

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