Analyses

LETTRE du Président de l’ASAF à Monsieur le Ministre Délégué


Voici une lettre rédigée par le secrétaire général de l’ASAF et signée par son président envoyée au ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des anciens combattants.

Paris, le 30 octobre 2013,

Monsieur le ministre,

Vous avez envoyé à l’association de soutien à l’armée française (ASAF) ainsi que, je l’imagine, à toutes les  associations à caractère patriotique, une lettre datée du 22 octobre, les invitant à accueillir en leur sein des jeunes en recherche d’emploi dans le cadre des « emplois d’avenir ».

Pour appuyer votre demande, vous faites référence au fait que nos associations font, je vous cite, « vivre au quotidien le lien intergénérationnel parce que attachées au devoir de transmission à l’égard de la jeunesse ».

Mais, monsieur le ministre, simultanément, le gouvernement auquel vous appartenez a décidé de supprimer 34 000 emplois dans la Défense, soit 10 000 certes consécutifs à la loi de programmation militaire  précédente mais dont vous auriez pu décider le maintien, et 24 000 supplémentaires.

N’y a-t-il pas là une forme de contradiction ? Les armées, elles-aussi avec des moyens supérieurs aux nôtres, car pour ce qui concerne l’ASAF, celle-ci ne fonctionne qu’avec des personnes bénévoles et sans aucune subvention de l’Etat, font « vivre au quotidien le lien intergénérationnel ». Les armées, elles-aussi, sont profondément « attachées au devoir de transmission à l’égard de la jeunesse », c’est même l’une des valeurs cardinales sur lesquelles elles se fondent pour alimenter les principes de solidarité et de fraternité qui l’animent.

Ne serait-il pas plus efficient de ne pas détruire des emplois plutôt que de tenter, de manière un peu artificielle, d’en recréer d’autres, sans doute utiles mais  moins que ceux qui participent au premier devoir de l’Etat, c’est-à-dire à sa défense au profit d’une même population, celle de notre jeunesse ?

Quoi qu’il en soit, monsieur le ministre, et compte-tenu de nos très faibles moyens, nous serions très heureux de pouvoir accueillir l’un de ces jeunes et participer à la transmission de nos valeurs, sous réserve que cela n’engendre aucun coût pour nous, condition nécessaire à un tel projet.

Veuillez agréer, monsieur le ministre, l’expression de ma considération distinguée.

Signé le général (2S) Henri Pinard Legry

Président de l’ASAF