Analyses

Communiqué Morts pour la France


11 novembre est le jour anniversaire de l’armistice de 1918 qui vit la France vainqueur au prix de sacrifices immenses, consentis par son peuple pour préserver sa liberté, défendre la patrie et restaurer l’intégrité de son territoire.

1 400 000 morts, des millions de blessés, de veuves et d’orphelins, sans parler de la destruction  du quart Nord Est de notre pays : une saignée effroyable qui toucha les Français sans distinction de grade, de classe sociale, originaires de l’ensemble des régions de métropole et d’outre mer.

C’est aussi, depuis quelques années, le jour anniversaire où l’on célèbre le sacrifice de tous ceux qui, depuis plus de 15 siècles, tombèrent les armes à la main pour bâtir, défendre et libérer la France, c'est-à-dire les innombrables générations d’hommes et de femmes qui se sont succédé et qui nous ont laissé un patrimoine à la fois remarquable et considérable de valeurs, de vertus et de chefs d’œuvre.

En ce jour de recueillement et d’unité nationale, comment ne pas être consternés par la différence de traitement médiatique entre le décès accidentel d’un manifestant lors de l’affrontement, la nuit, entre un groupe de casseurs avec lequel il se trouvait et des gendarmes au comportement irréprochable, et la mort « pour la France »,  au Mali, d’un jeune sous-officier des forces spéciales lors d’un assaut contre un groupe de terroristes islamistes fanatisés.

Comment ne pas s’interroger sur les raisons du battage fait d’un côté par certains médias autour de cet accident : facilité de réalisation d’interviews et de prises de vues de manifestations violentes en métropole? Poids de certains groupes de pression? Irresponsabilité de quelques dirigeants politiques ? Recherche de la polémique plus que de l’information ?

Comment expliquer le silence qui a entouré le sacrifice de l’adjudant Dupuy ? Si la discrétion sur les aspects opérationnels se comprend parfaitement, n’était-ce pas l’occasion pour le ministère de la Défense d’expliquer les raisons et les conditions de l’engagement de notre pays au Mali, d’associer nos compatriotes à ce « combat de l’avant » que mène l’armée française aujourd’hui au prix de nombreux blessés dont on parle peu?

N’était-ce pas aussi l’occasion d’expliquer pourquoi la France doit faire aujourd’hui un effort financier pour équiper et entraîner au meilleur niveau, un nombre suffisant de soldats, marins et aviateurs, ce que la loi de programmation 2014-2019 ne prévoit pas à la hauteur des enjeux sécuritaires, des menaces et des combats actuels et à venir.
Il importe, plus que jamais, que la Nation, dans son ensemble et hors des stériles querelles politiciennes actuelles, prenne conscience du combat que mène son armée pour notre liberté et notre sécurité face à un totalitarisme de terreur qui ne dit pas encore son nom.
Les Français doivent être conscients des enjeux et associés à ce combat qui implique la Nation tout entière.

 

Rédaction de l’ASAF